Jacky Olliveau réside à Meursac, entre Saintes et Saujon. Demain, à midi, il passe sur TF1 dans l'émission de Jean-Luc Reichmann. Il a raconté son histoire à « Sud Ouest ».
Jacky Olliveau, 55 ans, a la gouaille de son physique, solide gaillard à l'allure généreuse. Il est ce qu'on appelle un bon client pour la télé. Naturel, déconneur, il a le profil qui accroche au-delà même de la ménagère de moins de cinquante ans. Et ça tombe bien parce que demain, cet habitant de Meursac, éleveur de poules, passe sur TF1 dans l'émission de Jean-Luc Reichmann « Les douze coups de midi. »
Lui qui a tenu pendant vingt-cinq ans une discothèque puis une guinguette à Saintes, a vécu une aventure peu commune qu'il a accepté de raconter à « Sud Ouest ». Tout débute lorsqu'en mars dernier, il s'inscrit sur Internet pour participer à l'émission avant d'être convoqué à l'office de tourisme de La Rochelle pour concourir aux sélections, début avril. Un vrai parcours du combattant.
Signature d'une charte
Des 120 candidats, il ne doit en rester qu'un. Il commence par répondre à 50 questions en sept minutes. Même s'il trébuche sur le nom du mari de Céline Dion, l'ami René, il réalise un très bon score. Dans la foulée, les survivants de cette première épreuve sont invités à se présenter aux autres candidats en deux minutes. Si la prestation ne plaît pas, une cloche raisonne. Lui passe l'écueil sans encombre.
S'en suit un second questionnaire beaucoup plus pointu pour les sept derniers candidats encore en course. Puis c'est au tour des questions personnelles sur les enfants, le boulot, la vie de famille, les loisirs.
L'ultime épreuve est un passage devant une caméra dans les conditions de la finale du jeu avec un chronomètre et encore des questions qui s'enchaînent. Finalement, Jacky Olliveau remporte la mise et est attendu à Paris pour l'enregistrement de l'émission le 3 mai. Avant de partir, il prévient ses trois enfants que ses gains, si gains il y a, seront pour eux. Il choisit méthodiquement sa garde-robe. « Il y a certaines exigences. Même si nous sommes début mai, il faut des chemises d'été. L'émission doit passer en juillet. Si ça ne convient pas, on nous fournit des vêtements le jour J. Il faut donc donner ses mensurations pour qu'ils prévoient », confie l'intéressé.
Une charte est également signée. « On s'engage à danser à chaque morceau de musique qui est diffusé lorsqu'on est sur le plateau. On est aussi contraint d'exploser de joie lorsqu'on donne une bonne réponse », avoue le Charentais-Maritime.
Mieux. « Lorsqu'on répond au pif, la production nous interdit de le dire. Il faut parler d'intime conviction. Il ne faudrait pas que les téléspectateurs pensent que leur champion fétiche a été éliminé par un nul. » Ambassadeur du département à une émission télé de grande audience, le Conseil général lui fait même les yeux doux.
« Avant de prendre la route, on m'a assuré au téléphone qu'on me rembourserait mes frais de déplacement et d'hébergement si je faisais la pub de la Charente-Maritime, indique-t-il. J'ai fait attention à ne pas trop dépenser. Mais au retour, on m'a finalement dit que ce n'était pas possible. » N'empêche, il a quand même vanté les charmes de notre contrée.
Sur place, le 3 mai, dans un studio d'Aubervilliers, Jacky Olliveau est comme un poisson dans l'eau. L'ambiance avec les autres candidats est au beau fixe. L'équipe de la production est « sympa. » Sa tenue est acceptée au casting. Direction le maquillage avant deux bonnes heures de briefing. « On nous énumère tout ce qu'il ne faut pas faire ni dire. »
« En fonction des lumières qui apparaissent sur le sol du plateau, il faut soit faire le sot en arrivant - j'ai été obligé de faire l'idiot en singeant un guitariste - soit se diriger directement vers l'animateur. »
Un Jean-Luc Reichmann grand copain à l'antenne mais qui se renferme dans sa coquille une fois les caméras éteintes, concentré.
Un animateur concentré
« Dès que les caméras s'arrêtent, Jean-Luc Reichmann est inabordable. Il est entouré de gardes du corps et on ne peut pas l'approcher. En dehors du plateau, il ne nous connaît pas », trouve dommage Jacky qui a pourtant discuté avec lui, à l'antenne, de l'élevage de poules Brahma (1). Une passion commune. Il faut dire qu'en une journée l'animateur doit mettre en boite cinq émissions. C'est la raison pour laquelle les candidats sont priés d'amener dans leurs bagages huit tenues différentes pour se changer au cas où ils se qualifient pour l'émission suivante supposée être le lendemain.
« Quant au public sur le plateau, c'est le même. Entre chaque enregistrement, on lui demande seulement de changer de place », révèle le Charentais-Maritime. Tout est donc calibré pour qu'il n'y ait aucune fausse note.
Jacky, lui, a passé un super moment et ne regrette rien. Qu'a t-il gagné ? Il faudra regarder l'émission demain, à midi, pour le savoir. « Ça s'est plutôt bien passé », lâche-t-il seulement.
Tellement bien passé que la directrice de casting d'Endemol, la société de production, l'a inscrit pour participer à « La roue de la fortune », avec Christophe Dechavanne, au début de l'année prochaine. Puisqu'on vous dit que c'est un bon client.
(1) Une poule Brahma est une poule de grande taille disposant de plumes sur les pattes.
voilà les coulisses... si un jour ça vous dit d'aller participer MDR